Ces magnifiques Birmans

Les textes recommandant des destinations touristiques comportent presque toujours la raison « pour les gens ». J'ai moi-même vanté ici les habitants de certains pays que j'ai traversés. Mais les Birmans sont sans conteste dans une classe à part.

Des écolières avec leur habit vert et blanc traditionnel.

Des écolières avec leur habit vert et blanc traditionnel.

Fred et moi n'avons jamais vu autant de sourires. Ils sont francs, heureux, brillants, et parfois un peu gênés, comme si on était des personnalités connues.

D'ailleurs, le meilleur exemple de l'effet qu'on a dans la campagne birmane se produit lorsque Fred entre dans un magasin d'artisanat. Il salue la jeune vendeuse en birman...

Et elle se met à pleurer.

Se cachant le visage avec les mains, elle se détourne de Fred, qui lui demande inquiet si tout va bien. Comme si Justin Bieber en personne venait d'entrer dans sa boutique, l'émotion était juste trop intense !

C'est notre étrange et incompréhensible nouvelle réalité.

Ouin ben, c'est pas comme ça chez nous en Allemagne !
- Un Fred qui pense à déménager.
Des enfants plutôt surpris dans un char de parade.

Des enfants plutôt surpris dans un char de parade.

Mes sandales

Le camping est interdit aux touristes en Birmanie. On ne devrait donc normalement que coucher dans des hôtels accrédités. Mais ceux-ci sont souvent trop éloignés les uns des autres et on doit alors s'arrêter à la tombée de la nuit, monter nos tentes en cachette et éteindre nos lumières.

Considérant la chaleur même en pleine nuit, je n'installe un soir que la moustiquaire intérieure de ma tente. Je me réveille quelques heures plus tard, complètement trempé et le sol de ma tente rempli d'eau. C'est le déluge et mon profond sommeil a pris un peu trop de temps à le réaliser !

Je sors à la noirceur pour installer mon plafond. À la porte de ma tente, je ne trouve qu'une seule de mes sandales mais n'ai pas le temps de chercher l'autre pour l'instant. Au matin, après des recherches étendues, je dois me rendre à l'évidence : je me suis fait kidnapper une sandale par un chien errant.

Je suis solidement triste.

Après avoir perdu une première sandale en Ouzbékistan, ça m'avait pris plusieurs mois avant de réussir à trouver une nouvelle paire que j'aimais. Ça ne regorge pas de bons magasins de sport dans les Stans. Et cette nouvelle paire ne m'aura finalement accompagné que que deux semaines. Je ne vois pas où je pourrai en retrouver d'autres...

Laquelle est la nouvelle, laquelle est la vieille.

Laquelle est la nouvelle, laquelle est la vieille.

Le lendemain, en plein milieu de la route, Fred trouve une autre vieille sandale abandonnée. Elle est de ma taille et du bon pied.

C'était une petite sandale
Que j'avais ramassée
Elle était toute sale
Sur le bord du fossé

Aussi bien me faire à l'idée. Je me sens quand même mal de chialer trop longtemps quand mes pieds sont déjà 50% mieux chaussés que les gens autour.

Et ça, c'est quand ils ne marchent pas carrément nu-pieds...

Un véritable produit naturel

Il est impossible de ne pas remarquer la boue aux visages des femmes et enfants partout au pays. Cette pâte jaunâtre appliquée sur les joues, et parfois sur le front, le nez et le reste du visage est appelée thanaka

Fabriquée à partir de quelques arbres spécifiques à la Birmanie, on dit qu'elle protège naturellement contre le soleil et l'acné, et sert d'hydratant. Particulièrement chez les jeunes femmes, les différents motifs et façons d'appliquer le thanaka sont aussi un signe de coquetterie.

Ni Ni, à Bagan.

Ni Ni, à Bagan.

Un cigare et du thanaka pour garder la jeunesse.

Un cigare et du thanaka pour garder la jeunesse.

Sur la carte

650 km pour se rendre de Bagan à Rangoun.

650 km pour se rendre de Bagan à Rangoun.

Depuis Bagan et le mont Popa, la vue n’est pas incroyable sur cette route. C'est assez plat, marécageux et les kilomètres s'enfilent et se ressemblent. C'est donc pour compenser l'absence de paysages que j'ai commencé à prendre plus de photos de gens.

Expérience intéressante et agréable, mais autrement plus difficile ! Réussir à photographier rapidement une personne au naturel et sans faux sourire est un art très différent d'installer son trépied au coucher de soleil pour prendre un paysage.

J'écris aussi ce texte avec quelques semaines de délai. Ma traversée de la Birmanie est donc dans les faits déjà terminée. Mais dans le prochain chapitre, vous nous verrez faire le reste de la route jusqu'à Rangoun, d'où nous repartirons ensuite vers l'est jusqu'à la Thaïlande.

Il me reste encore beaucoup de gens à vous présenter.