L'oasis avant de repartir

Grâce au train, je me suis évité la partie complètement à l'ouest de l'Ouzbékistan. J'en profite pour faire un détour pour frotter des pieds et coucher dans une station-service de luxe.

Image satellite de l'Ouzbékistan. Khiva se trouve dans l'oasis à l'ouest du pays.

Image satellite de l'Ouzbékistan. Khiva se trouve dans l'oasis à l'ouest du pays.

Après mon arrêt à Noukous, je reprends la route vers Khiva, une ville qui selon la légende, aurait été fondée à l'endroit où Sem, le fils de Noé, aurait creusé un puits.

C'était une très bonne idée de sa part vu que la ville se trouve dans une oasis au milieu du désert.

En chemin, je fais connaissance avec les routes cabossées et détruites de l'Ouzbékistan. Tout le long du pays, mes fesses se demanderont quand elles pourront avoir un répit, et je devrai constamment revisser des morceaux qui se défont de mon vélo ! Ce tapage de cul et la chaleur joue avec mon moral. Je manque de patience.

Faut dire que la règlementation locale n'aide pas. Je me fais contrôler à des barrages policiers en moyenne aux deux jours, parfois plus, devant leur montrer mon passeport et leur expliquer mon itinéraire.

Khiva

Jade, un des Français, amusant des enfants.

Jade, un des Français, amusant des enfants.

Heureusement, cette première étape n'est pas si longue. Je ne mets que deux jour pour atteindre Khiva. Dès mon arrivée, j'y rencontre un groupe de cinq jeunes Français avec qui je passe la soirée. Difficile de les entrer dans un moule : la majorité sont étudiants en médecine, deux sont originaires d'Égypte, un du Liban, mais tous sont d'agréable compagnie !

De retour à l'auberge, les deux autres lits de ma chambre de trois personnes sont maintenant occupés et mes nouveaux colocs dorment déjà. Dans le noir, je dépose ma bouteille d'eau sur un lit que je crois être le mien, mais je réalise immédiatement que je me suis trompé. Toujours dans le noir, je tente de reprendre ma bouteille mais ne fais qu'agripper le pied de la fille à pleine main...

Les charmants Suisses Jonas et Julia.

Les charmants Suisses Jonas et Julia.

Le lendemain matin, je fais plus officiellement connaissance avec mes cochambreurs : les Suisses allemands Jonas et Julia, originaires de la région de Zurich. Je pense apprendre à Julia mon erreur de la veille quand elle me dit que ma bouteille l'avait déjà réveillée et qu'elle faisait semblant de dormir pendant que le creep que j'étais lui tâtait le pied ! DÉSOLÉ !

Passant la journée avec les Suisses, nous nous trouvons dans un café à Khiva lorsque je vois arriver Szymon. Vous vous rappelez ma longue attente dans le port de l'Azerbaïdjan, où un Polonais avait sorti un projecteur et un système de son pour écouter des films? Et bien, c'est lui. Je vous dis, j'ai souvent l'impression qu'on est douze touristes à se promener en Asie centrale.

Pour la première fois depuis de très nombreux pays, je croise des vélos partout. Enfants comme adultes s'en servent pour se déplacer.

Pour la première fois depuis de très nombreux pays, je croise des vélos partout. Enfants comme adultes s'en servent pour se déplacer.

Khiva, vue des hauteurs d'une tour.

Khiva, vue des hauteurs d'une tour.

La station d'essence hôtel

Après Khiva, je passe devant des champs de coton tout blanc et... cotonneux !

Après Khiva, je passe devant des champs de coton tout blanc et... cotonneux !

L'employé qui voulait absolument que je le prenne en photo à son poste de travail !

L'employé qui voulait absolument que je le prenne en photo à son poste de travail !

Je reprends la route le lendemain vers le nord. Les routes cabossées m'amènent à Ourgench. Deux jeunes filles de 17 et 21 ans m'abordent avec la question habituelle.

- Es-tu marié?
- Non.
- Pourquoi?

Puis, la nuit tombant, et ne trouvant pas d'endroit pour camper dans les champs remplis de travailleurs, je m'arrête à une station-service. Lorsque je demande aux employés si je peux dormir derrière la station, ils m'invitent plutôt à l'intérieur. Nous pénétrons dans une immense cour intérieure, puis, par une porte arrière, je découvre l'immensité cachée de la station. On dirait un hôtel de luxe.

À noter que ce que je qualifie de luxe a passablement élargi depuis les derniers mois !

Bref, c'est propre. Au milieu d'un long et large corridor, on m'ouvre une porte et on me dit que ceci est ma chambre. Il y a des coussins à terre servant de matelas et d'oreiller. On me remet une couverture. Un lavabo et une vraie toilette sont aussi disponibles. Je te le dis : du luxe.

J'en profite. Je sais que je ne retrouverai plus pareille chance dans la route à venir...