Poser mes sacoches

La vie nous fait parfois des cadeaux qu'on ne peut refuser. Je viens ainsi d'avoir le plaisir d'accepter un emploi en Malaisie. Je t'explique ici comment on fait pour choisir entre deux rêves.

Quelques années avant de partir pour mon périple à vélo, j'avais beaucoup essayé, sans succès, de trouver un emploi à l'international. La compétition est féroce et les salaires généralement médiocres. Réellement, la porte d'entrée est de faire plusieurs stages non rémunérés durant ses études et en début de carrière, ou de travailler pour une grande compagnie qui acceptera de t'envoyer ailleurs.

Je n'avais ni l'un, ni l'autre.

Pourtant, ni le salaire ni les conditions ne m'arrêtaient. J'ai même postulé pour un poste qui correspondait parfaitement à mon expérience de travail... au Sud-Soudan, un pays en pleine guerre civile ! Et ma candidature avait quand même été immédiatement rejetée.

C'est donc en partie pour me créer moi-même une certaine expérience internationale que j'ai pris la route.

Treize mois sur la route

La suite, tu la connais. De l'Europe de l'ouest aux confins de l'Asie, j'ai pédalé presque 18 000 km, traversé une trentaine de frontières, et ai rencontré plus de bon monde que je l'avais même imaginé.

Mes frontières mentales se sont élargies au même rythme que les kilomètres s'additionnaient. Je ne te referai pas toute l'histoire, mais c'est évident que je me sens aujourd'hui différent en comparaison avec qui j'étais au départ. (Va ici si tu as manqué le début du périple.)

L'émerveillement

Tout au long de cette route, j'ai été émerveillé. Par la joie des enfants rencontrés, la générosité des gens qui m'accueillaient, le sentiment de sécurité partout dans le monde. Par les paysages aussi bien sûr, et par la capacité d'adaptation que l'on a tous.

Au fil du temps par contre, même l'extraordinaire peut devenir la routine. Je n'avais jamais eu cette pensée avant, mais je constate avec étonnement que la capacité d'émerveillement ou de surprise finit par s'émousser avec le temps. Et puis, j'avais sans doute sous-estimé l'énergie nécessaire pour changer quotidiennement l'endroit où l'on pose son oreiller.

Une pause permet de prendre le recul nécessaire pour regagner son dynamisme et ses yeux d'enfant.

Choisir entre ses rêves

C'est à ces pensées que j'ai reçu par hasard une offre d'emploi. Celui qui allait devenir mon patron suivait du coin de l’œil mes aventures dans le bon monde. Et il cherchait quelqu'un avec mon profil d'études droit et ingénierie et d'expérience pour s'occuper de ses ressources humaines... en Asie du sud-est.

« Je ne connais rien au travail en Asie », que je lui réponds honnêtement. Mais il semblait déjà convaincu.

Si tu peux traverser la moitié du monde sur un vélo, tu devrais pouvoir t'adapter à un bureau malaisien !

J'étais donc face à mes deux rêves : poursuivre le voyage à vélo, ou m'arrêter pour vivre cette incroyable expérience de travail international qui me tombait du ciel. J'ai accepté l'offre.

Kuala Lumpur

Me voici donc nouvellement basé à Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie. Je vous raconterai mon arrivée et mon adaptation à cette nouvelle vie dans de futurs textes.

La Malaisie dans le monde. (image wikipédia)

La Malaisie dans le monde. (image wikipédia)

Emplacement de Kuala Lumpur.

Emplacement de Kuala Lumpur.

Pour l'instant, je vais me limiter à vous présenter la vue que j'ai de mon salon à tous les soirs. Assez différent de ma tente !

La vue de mon salon à Kuala Lumpur.

La vue de mon salon à Kuala Lumpur.

La suite

Je vous rassure, c'est loin d'être la fin de ce blogue. Il me reste à vous raconter la fin de mon périple cycliste (Thaïlande et Malaisie), en plus d'avoir beaucoup d'autres projets à vous offrir.

Je compte notamment faire une série d'articles sur comment prendre de belles photos. Je vous parlerai aussi plus techniquement de mon équipement, pour les nombreux d'entre vous qui m'envoyez des questions à ce sujet. Et je vous parlerai de la culture malaisienne et de la vie ici.

En plus, comme Kuala Lumpur offre des vols très abordables partout en Asie, il est fort probable que vous verrez apparaître de temps en temps des récits de petits voyages à vélo ou en sac à dos.

Surtout, j'ai décidé de prendre ce temps pour me mettre à l'écriture d'un livre. Beaucoup d'entre vous m'en aviez déjà parlé, et c'est maintenant l'heure de faire le bilan sur cette partie 1 de mon tour du monde à vélo. À suivre !

Merci

Je ne peux finir autrement ce texte qu'en vous remerciant de vos incroyables encouragements lors de tous ces kilomètres. Je ne postais jamais réellement rien en ligne avant de partir pour cette aventure, mais j'ai appris à apprécier ces partages avec vos questions, commentaires et suggestions.

En même temps que je rencontrais du bon monde sur la route, je faisais connaissance avec d'autres en ligne. Ça m'a même permis de rencontrer certains d'entre vous sur la route, et parfois de me faire héberger.

C'est maintenant à mon tour de vous rendre la pareille. Faites-moi donc signe si vous passez par Kuala Lumpur !

À très bientôt.

Jonathan