L'élève et le maître

Réflexions de mon père André sur mon voyage et notre mois ensemble.

Pour la première fois sur ce blogue, j'ai un auteur invité. Je vous présente plus bas le texte de mon père André, écrit suite à son mois de pédalage avec moi au Vietnam.

Pas besoin de vous dire que je suis honoré de ses mots et de la chance qu'il m'a donnée en m'offrant les outils nécessaires pour me permettre de partir vers un tel périple. Et de non seulement m'encourager à le faire, mais même d'en faire partie à mes côtés.

 

 

L'élève et le maître

 Mon père André.

Mon père André.

Il y a 20 ans, j'initiais mes garçons aux plaisirs du cyclotourisme. Aujourd'hui, après un mois à sillonner les routes du Vietnam en compagnie de Jonathan, je réalise à quel point l'élève a dépassé son maître. 

Nous sommes en effet bien loin du P’tit train du nord et du tour du Lac Saint-Jean de nos débuts. 

Malgré le fait que j'aie roulé en solo et en groupe dans divers pays, ce voyage en terre asiatique m'a ouvert les yeux sur les difficultés quotidiennes que peut rencontrer le voyageur solitaire faisant le tour du monde. 

Comme beaucoup de gens, je lis assidûment les articles que Jonathan écrit sur son blogue. Comme beaucoup de gens, ces articles portent à rêver et à nous imaginer ce monde rempli de belles rencontres et de belles aventures. 

Ce qui nous échappe par contre c'est de voir à quel point il faut être flexible, ingénieux et posséder un immense sens d'adaptation pour réaliser un tel exploit. 

 André roulant sous la pluie au Vietnam.

André roulant sous la pluie au Vietnam.

Notamment, trouver son chemin autant à la campagne que dans les grandes villes dans des pays où il n'y a que très peu de signalisation, et en plus dans une langue qui nous est complètement étrangère. Ceci demande une ingéniosité à maîtriser toutes les applications et trucs disponibles permettant de s'orienter.

Continuellement se réadapter à une culture totalement différente à chaque changement de pays. 

Trouver la force de continuer à aller au-devant pour toujours rencontrer de nouvelles personnes, permettant ainsi de saisir de nouvelles occasions de vivre plein de diverses expériences. 

Trouver les moyens de communiquer avec les gens, que ce soit pour comprendre un menu écrit dans une langue totalement incompréhensible, trouver un endroit pour dormir ou même pour expliquer le type de coupe de cheveux voulue. 

S'adapter à une consommation alimentaire complètement différente de ce que nous connaissons.  

Poursuivre sa route malgré toutes les types de températures plutôt que d'abandonner et de retourner vers le confort dont nous jouissons tous. 

Pour nous lecteurs, ce voyage peut nous sembler très exotique et enviable. La réalité, c'est que cet exotisme vient avec un prix.

Ainsi, ce mois à rouler en compagnie de Jonathan m'a permis d'apprécier davantage sa force de caractère, nécessaire pour entreprendre un tel exploit. Je ne peux qu'admirer la persévérance de mon fils dans ce projet. 

Après un mois passé sur la route, c'est maintenant Jonathan qui est devenu le maître, et moi l'élève. 

- André Roy