Éléphant, caoutchouc et canne à sucre

Dans le nord du Cambodge, je progresse dans une thématique de liquide : des arbres à caoutchouc, du jus de canne à sucre... et encore des orages !

 Bateau ancré près de Kratie, au Cambodge.

Bateau ancré près de Kratie, au Cambodge.

 Pirogue au coucher du soleil sur le Mékong.

Pirogue au coucher du soleil sur le Mékong.

L'inondation

Installant un soir ma tente sous un ciel clair, il semble que j'aurai un répit de l'orage quotidien de fin de journée. Même sans mon toit couvrant la moustiquaire, mes pores sont des geysers dans cette température dépassant les 30 degrés même la nuit.

Juste comme je m'endors, je reçois quelques gouttes. Je remets ma toile protectrice.

La pluie devient rapidement un déluge et je m'aperçois que l'eau monte rapidement autour de mon abri. Bientôt, mon plancher oscille sur l'eau sous ma tente. Je sors. Debout nu-pieds, avec seulement mes sous-vêtements et ma lampe frontale, je réalise que le champ complet est inondé par-dessus mes chevilles. Le sol d'argile retient l'eau qui ne fait que s'accumuler.

La pluie ne donne aucun signe d'accalmie. Je dois bouger ma tente.

Je remplis donc mon sac étanche à pleine capacité – tout mon électronique, des vêtements et tout ce qui peut prendre l'eau – et je vais le porter quelque cinquante mètres plus loin sur un petit promontoire de boue. Je reviens dépiquer ma tente et la tirer sur la même distance. De retour à l'abri, j'essuie tout pendant plusieurs minutes, tordant une douzaine de fois mon unique petite serviette de voyage.

Il pleut toujours mais au moins mon plancher est maintenant plus stable et j'ai moins d'infiltration. Prise 2 pour dormir.

 Le calme avant la tempête. On peut voir tous les petits rebords d'argile qui retenaient l'eau.

Le calme avant la tempête. On peut voir tous les petits rebords d'argile qui retenaient l'eau.

En bordure de route

 Un travailleur met à jour les inscriptions sur les bornes en bordure de route. Son outil : un Q-Tips !

Un travailleur met à jour les inscriptions sur les bornes en bordure de route. Son outil : un Q-Tips !

Le plus grand avantage de voyager à vélo est sans contredit la faible vitesse.

En auto, autobus, ou même en moto, on voit défiler du paysage, mais sans remarquer les détails. Et afin d'échapper à la circulation et au bruit, le cycliste prend souvent des détours par des chemins moins fréquentés.

Au Cambodge, ça m'a notamment permis de voir un travailleur repeindre du lettrage de bornes au Q-Tips ! Je suis aussi tombé nez à nez avec un éléphant, un bœuf et son très jeune maître, et combien d'autres personnes avec qui j'ai eu des discussions !

Décidément, la faible vitesse pour moi est plus qu'un avantage, c'est une manière de voir la vie.

 Journée normale sur la route du Cambodge : un homme promène son enfant en laisse.

Journée normale sur la route du Cambodge : un homme promène son enfant en laisse.

 Et un enfant promène son bœuf asiatique !

Et un enfant promène son bœuf asiatique !

Forêts de caoutchouc

Les surprises n'arrivent pas juste sur le bitume. Parfois, « l'appel de la nature » me fait sortir du chemin et découvrir toute une forêt de caoutchouc !

Lorsqu'on entaille un érable, de l'eau d'érable en coule, avec laquelle on produira du (délicieux) sirop. Lorsque l'hévéa est privé de son écorce, c'est plutôt un latex blanc qui suinte de l'arbre pour le protéger, et qui servira à produire du caoutchouc naturel. Bien que l'arbre soit originaire de l'Amazonie, c'est maintenant en Asie qu'on produit 95% du caoutchouc naturel dans le monde.

L'industrie du pneu utilise 70% de la production mondiale, et avec la demande grandissant à vue d’œil en Chine, la monoculture devient d'année en année un plus grand problème dans les plus petits asiatiques. La forêt tropicale, naturelle, est coupée à grande échelle pour faire place à cette seule sorte d'arbre. Ceci contribue à la disparition d'animaux, d'oiseaux et à augmenter la pollution déjà assez présente dans ces pays.

Dire que j'ai appris tout ça parce que j'ai dû m'éloigner de la route à cet endroit...!

 Randonnée parmi les hévéas.

Randonnée parmi les hévéas.

La canne à sucre

À chaque jour, je m'arrête aussi pour boire un ou deux (ou trois) verres de ma nouvelle boisson préférée : le jus de canne à sucre. En lisant plus sur le sujet, j'ai aussi appris que la cassonade est en fait produite à partir de la canne à sucre, soit en entier, soit le plus souvent en mélangeant de la mélasse avec du sucre blanc. Par le fait même, j'ai aussi appris que la mélasse était aussi produite avec le jus de canne à sucre (vrai nom : le vesou) de la même façon que le sirop d'érable est produit à partir de l'eau d'érable.

Je pense que je m'ennuie du sirop d'érable... Il me semble que ça fait plusieurs fois que j'y fait référence !

Enfin, comme une image vaut mille mots, je vous laisse sur cette petite vidéo de fabrication d'une de mes boissons d'après-midi !