On dirait un autre pays

C'est la phrase qui me vient en tête en passant la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. Ce qui est rigoureusement exact, c'est bien un autre pays ! Mais c'est surtout un bond de géant dans le temps.

 Près de 1 100 km pour terminer la Birmanie et traverser le nord de la Thaïlande vers le Laos.

Près de 1 100 km pour terminer la Birmanie et traverser le nord de la Thaïlande vers le Laos.

Quelques kilomètres et une frontière facile d'accès me donne l'impression d'être projeté dans le futur.

Des gros dépanneurs, une épicerie à grande surface, un magasin de meubles ! Rien d'extraordinaire pour des yeux d'occidentaux, mais ça me frappe. Ça fait des mois que je n'ai rien vu de tel.

Tout n'est cependant pas rose. Mon pote Fred me quitte à nouveau, et cette fois pour de bon. Il doit se rendre en autobus à Bangkok, d'où il retournera en Allemagne pour commencer sa vie d'enseignant au secondaire.

Me revoici à nouveau seul sur la route.

 Un des derniers villages sur la route en Birmanie.

Un des derniers villages sur la route en Birmanie.

Les surprises

Comme à presque chaque nouveau pays, je n'ai aucune idée à quoi m'attendre. Pas assez de temps pour faire des recherches exhaustives, et la surprise rend l'expérience plus intéressante. Et ici, la surprise prend la forme de montagnes.

Ouin pis, c'est pas tes premières montagnes !
- Toi qui me lis depuis les derniers mois.

Non je sais. Sauf que je n'ai jamais monté dans une humidité aussi accablante. Un matin, après avoir levé campement, je dois complètement changer de vêtements après seulement 5 km de montée. Je peux déjà les tordre avec ma sueur. Chandail, shorts, et mêmes les bas !

Au fil des jours et des ascensions, je deviendrai parfois si faible que j'en perdrai presque connaissance. Je m'ennuie de Fred, qui me forçait à m'arrêter pour manger et boire, lui qui avait toujours faim ! Je dois mieux écouter mon corps. Malade et épuisé, je m'arrête deux jours pour me reposer.

 Première soirée sur la route en Thaïlande.

Première soirée sur la route en Thaïlande.

Environ une semaine plus tard, ma deuxième surprise apparaît progressivement sur ma route. En fin de journée, je constate qu'il y a de plus en plus d'hôtels et de touristes occidentaux autour de moi. C'est alors que je vois un panneau annonçant que je suis à Sukhotaï, un site du patrimoine mondial de l'humanité, reconnu par l'UNESCO. Et comme le roi de Thaïlande est décédé quelques semaines auparavant, l'entrée est même présentement gratuite en son honneur.

J'apprends ainsi que je suis dans l'ancienne capitale du royaume de Siam, construite au 13e siècle ! Pas mal pour un petit arrêt d'après-midi !

 La vieille capitale de Sukhotaï, datant du 13e siècle.

La vieille capitale de Sukhotaï, datant du 13e siècle.

Le cycliste en Thaïlande

Il y définitivement plus de cyclotouristes ici. Mais ils sont un peu moins amicaux. Peut-être parce qu'ils ne sont généralement en voyage que pour semaines et ont moins de temps, rares sont ceux qui s'arrêtent pour bavarder. En même temps, on est loin de l'Asie centrale où croiser un autre humain était un événement !

Je remarque aussi la présence de cyclistes locaux sur des vélos de route. Définitivement un signe que la Thaïlande est plus riche que ses voisins. On oublie souvent qu'avoir des loisirs, ainsi que le temps et l'argent de jouer au touriste, même localement, est un luxe.

Je ne peux aussi faire autrement que remarquer ici et là dans les villes des hommes blancs plus âgés se promenant au bras de jeunes Thaïlandaises. Parfois même avec de très jeunes enfants qui pourraient être leurs petits-enfants. Je me dis que c'est peut-être une des raisons pour laquelle on me remarque et salue moins ici. En tant que blanc, je dois représenter pour certains d'entre eux un autre homme venant leur faire compétition avec mon argent nord-américain.

Nam Nao

Une des dernières belles surprises du pays est le parc national Nam Nao que je traverse d'ouest en est. On dit que le parc abrite plusieurs éléphants. Je vois d'ailleurs plusieurs pancartes et des dizaines de pistes fraiches, mais malheureusement, aucun pachyderme ne me montre le bout de sa trompe.

J'aurai cependant la chance de voir un gros écureuil volant. C'est mieux que rien !

 Coucher de soleil sur un rocher au parc national Nam Nao en Thaïlande.

Coucher de soleil sur un rocher au parc national Nam Nao en Thaïlande.

Déjà fini ?!

Après cette traversée du nord de la Thaïlande, je passe au Laos, vers le nord. Mais ce n'est pas tout à fait terminé pour le pays des Thaïs. Après le Laos, je continuerai vers le Vietnam et le Cambodge, et serai par la suite de retour en Thaïlande pour une plus longue période. Je visiterai alors Bangkok, et suivrai son littoral vers le sud et la Malaisie.

Mais on en a encore beaucoup de temps pour se reparler de tout ça !