Questions (et réponses) pour Allison

Vous vous souvenez sans doute d'Allison McDonald, ma charmante partenaire vocale au Vietnam (pour les Eagles, Bieber et dans un café acoustique). Voici l'occasion d'en découvrir plus sur comment cette étudiante universitaire de vingt ans d'Ottawa s'est retrouvée à travailler quelques mois en Asie du sud-est, et comment elle a vécu cette expérience. Le tout en cinq questions et réponses juste avant qu'elle ne termine son mandat asiatique.


1- Qui es-tu et que fais-tu au Vietnam ?

Je suis une étudiante en développement international à l’Université d’Ottawa. J’habite au Vietnam pour trois mois parce que j'ai sauté sur l'occasion de faire un stage ici à Hué. C’est en apprenant sur le développement de la région de l’Asie du sud-est durant mes études que j’ai eu le goût de mieux connaître le Vietnam en particulier.

J'ai toujours été passionnée par le voyage, sans doute parce que j’ai eu le privilège de grandir en Tanzanie et au Royaume-Uni avec mes parents enseignants. Prendre cette chance de vivre et de travailler à l'étranger avant la fin de mon parcours universitaire me semblait un défi naturel. J’apprécie beaucoup tenter de m’intégrer le mieux possible à un nouveau pays, avec ses normes, sa langue et sa culture différente.

 Allison McDonald, à Hué au Vietnam.

Allison McDonald, à Hué au Vietnam.

2- Vois-tu une différence dans voyager, étudier ou travailler ailleurs en tant que femme ?

Oui, il peut y avoir une différence. Notamment en fonction de si la communauté locale est habituée aux étrangers.

 Allison à la baie d'Ha Long, dans le nord du Vietnam.

Allison à la baie d'Ha Long, dans le nord du Vietnam.

Au Vietnam, j'ai effectivement remarqué recevoir plus d'attention que les hommes étrangers, mais je n'ai jamais senti d’hostilité, de malveillance ou d’intimidation à mon égard. Au contraire, je crois qu’il est très sécuritaire pour une femme d’y voyager seule. Je l'ai d’ailleurs fait à quelques reprises et je n’ai reçu partout que de la gentillesse et des sourires.

Je sais par contre que différentes cultures peuvent avoir des perceptions et des traitements différents envers les femmes sur les lieux de travail. Il peut donc être plus difficile pour une femme habituée à travailler dans un environnement équitable et égal, comme au Canada, de travailler à l’étranger dans un environnement où les idées et opinions des femmes sont moins bien reçues.  Cependant, bien qu’il s’agisse d’un défi, il peut aussi s’agir d’une occasion de remettre certaines inégalités en question par sa seule présence et son intégration dans le pays étranger.

3- Est-ce que cette expérience de travail t’a changée ?

Oui, sans hésiter ! Et pour le mieux.

J’ai eu la chance que mon travail en développement soit ici axé au niveau de la base et des besoins locaux. J'apprécie ainsi que mon travail quotidien soit significatif et puisse aider l'organisation à atteindre ses objectifs. J'ai aussi appris beaucoup sur moi-même, et j'ai pu grandir non seulement en tant que jeune professionnelle, mais aussi en tant que jeune femme dans un monde beaucoup plus grand qu'on ne l'imagine.

En dépit des défis, et peut-être même à cause d’eux, cette expérience de travail m’a vraiment aidée à réaffirmer ma volonté de poursuivre une carrière dans le secteur du développement international.

 Allison entourée des employés du Times Hotel où elle demeurait.

Allison entourée des employés du Times Hotel où elle demeurait.

 Avec des étudiants du collège où elle travaillait.

Avec des étudiants du collège où elle travaillait.

4- Quels sont tes projets futurs ?

Je termine très prochainement mon baccalauréat à l’Université d’Ottawa. Je tenterai ensuite d’aller travailler une année à l’étranger, si possible encore en développement. J’envisage après quelques années d’expérience de continuer mon éducation au niveau d’une maîtrise dans un domaine plus précis du développement international, peut-être en gestion de projet, résolution de conflits ou développement durable. J’aimerais aussi aller à l’étranger pour ces études, la Suisse et le Royaume-Uni m’attirent particulièrement.

Mais j’ai encore quelques années avant tout ça ! Pour l’instant, je sais juste que je vise une carrière qui pourra éventuellement m’amener dans les coins les plus reculés de ce monde.

Voyager : 100%. Je crois que tout le monde devrait voyager quelque part dans sa vie, et pas seulement aller en vacances.

5- Est-ce que tu recommanderais ton expérience à d'autres étudiants, et aux femmes en particulier ?

Travailler et vivre à l'étranger ? Absolument aussi. Cependant, la durée du séjour pourrait varier en fonction de sa volonté à vivre en dehors de sa zone de confort pendant une longue période de temps, et d'accueillir constamment des défis quotidiens.

Je ne pense pas non plus que les femmes devraient être moins enclines à travailler ou à vivre à l'étranger simplement en raison de leur sexe.

Le simple fait d’être une femme à l’étranger permet souvent d’être une influence positive chez les femmes que nous côtoyons.

Une chose que j'ai apprise, c'est que les gens sont les mêmes partout. Nous rions et pleurons, nous avons des espoirs et des inquiétudes. Une partie du plaisir d’être à l’étranger est de voir ce qui cause ces émotions dans différentes sociétés.