Les stars du web

Je me retrouve pour la première fois derrière la caméra à rencontrer et à filmer des stars du web, dont l’attachant gunnarolla.

 Andrew Gunnadie, alias gunnarolla, que j’ai pris en photo à un marché de nuit.

Andrew Gunnadie, alias gunnarolla, que j’ai pris en photo à un marché de nuit.

Juste avant de quitter Taipei, j’ai eu la chance de passer une demi-journée en compagnie d’Andrew Gunnadie, une célébrité de YouTube plus connue sous le nom de gunnarola. Andrew vient de London en Ontario et gagne sa vie depuis déjà 10 ans à faire des vidéos de musique et de voyage partout dans le monde.

Sa vidéo la plus connue est sans contredit « Canadian, Please », une chanson qui a presque 5 millions de vues sur YouTube ! J’adore aussi sa chanson « Staying in Tonight ». Mais aujourd’hui, c’est surtout des vidéos de voyage qu’Andrew produit. En plus de son propre contenu qu’il crée fréquemment, il se fait généralement inviter à divers endroits pour promouvoir une région en particulier. Comme c’était le cas pour le tourisme à Taïwan.

À Taipei donc, nous avions été mis en contact par une bonne amie commune. Puis il m'a demandé si je pouvais l'aider à filmer quelques vidéos qu’il planifiait faire pour présenter la capitale taïwanaise. C'était la première fois que je filmais pour quelqu'un d'autre et je suis vraiment heureux de voir qu'il a réussi à transformer mes images en un si beau produit (voir la vidéo plus bas).

Mais surtout, j'ai aussi vraiment été impressionné de le voir à l'oeuvre si naturel, si productif, et avec à peu près aucuns moyens en comparaison à ce qui se fait à la télévision. Andrew est un studio en lui-même. Il anime ses vidéos, filme, monte son contenu, le publie, et fait son propre marketing. Et le résultat est aussi intéressant, drôle et informatif que les plus grands médias, sinon davantage.

La réalité

Sa coanimatrice dans la vidéo est TJ, une Taïwanaise qui travaille aussi comme vlogueuse de voyage. Elle fait surtout des vidéos sur la nourriture des endroits qu’elle visite. Dont son adorable vidéo sur la bouffe de rue à Hanoï.

Ces deux-là sont clairement dans une autre ligue que moi. Nous partageons pourtant de nombreux points en commun. Nos trois projets, bien qu’assez différents les uns des autres, ont tous débuté par une passion. Réaliser quelque chose simplement pour le plaisir, et puis se rendre compte que des gens s’y intéressaient. Après énormément de travail !

Faire des vidéos a l’air facile lorsque l’on regarde tranquillement derrière son ordinateur, mais c’est encore plus qu’un emploi à temps plein. Et eux comme moi pensons constamment à nos prochaines histoires.

« Être travailleur autonome, c’est travailler 80 heures par semaines pour le privilège de ne pas travailler 40 heures par semaine. »

Gagner sa vie

J’ai aussi constaté que je n’étais pas dans la bonne veine pour faire de l’argent ! Andrew travaille aujourd’hui avec des compagnies diverses, allant du Travel Channel à Honda. Il reçoit des contrats et des commandites de partout. Alors que je sue généralement dans le milieu de nulle part à grimper des montagnes à la recherche d’histoires !

Mais je n’échangerais pas nos places. J’apprécie l’indépendance d’écrire sur ce que je veux. De trouver mes histoires et de vous les raconter à ma façon, que ce soit en photos, en vidéos ou sur ce blogue. Ou dans un livre, un médium qui rapporte peu mais qui me rend extrêmement fier.

En fait, ça ne m’intéresserait pas vraiment de présenter les « meilleurs cafés de Sarajevo » ou les « 10 choses à ne pas rater à Tokyo ». Bien sûr, je passe par les villes et par certains endroits touristiques. Mais ce qui me fait réellement vibrer depuis les dernières années, c’est de découvrir ce qui se cache derrière la prochaine colline. Le paysage comme la personne. D’avoir une expérience unique qu’il est impossible de préparer d’avance, même avec toutes les recherches du monde.

Je raconte ça à mon nouvel ami et il comprend parfaitement. Tellement en fait, qu’il saute d’ailleurs sur ce genre de projets lui aussi quand on les lui propose. Comme ce très agréable reportage sur Moncton qu’il a réalisé pour Canadian Geographic. Et puis il n’a clairement pas volé sa place : ça fait plus de dix ans qu’il crée du contenu original et qu’il s’invente un emploi.

Il me raconte ça tout souriant, dans le lobby de l’incroyablement luxueux hôtel W de Taipei où il réside. En retournant par la suite à mon auberge jeunesse, je me demande pourtant si je ne devrais peut-être pas commencer à parler de nourriture de rue plus souvent moi aussi… !