Gagner sa vie à parcourir le monde (partie 2)

Ce billet a d’abord été publié sur l’excellent blogue des magasins La Cordée.

 

 

Le monde n’a jamais été si petit et n’a jamais offert autant de possibilités pour ceux qui désirent sortir des modèles traditionnels de carrières. Voici la suite de la partie 1, avec mon propre cas, et quelques autres options.

 

Jonathan B. Roy

(c’est-à-dire moi-même)

Écriture de mon premier livre à Kuala Lumpur, Malaisie.

Écriture de mon premier livre à Kuala Lumpur, Malaisie.

Vivre du voyage n’était pas un rêve pour moi, ni même quelque chose que j’avais prévu. Mon objectif à la base était de faire un voyage de vélo, de l’Europe à l’Asie, pour une durée d’une année, puis de revenir au Canada. Et maintenant, je voyage depuis près de trois ans et demi.

Au début de mon périple, j’ai commencé ce blogue afin d’éviter d’envoyer plusieurs fois le même courriel à toute ma famille et à mes amis pour leur dire où j’étais rendu et comment j’allais. J’ai pris plaisir à améliorer mes écrits et mes photos au fil de mon parcours. Après 6 mois de voyage, j’ai commencé à recevoir quelques offres pour écrire ailleurs. J’ai ainsi eu la chance de collaborer avec La Presse, puis avec le magazine Vélo Mag auquel je participe encore à chaque édition.

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Après 14 mois de vélo, je me suis arrêté en Malaisie à la suite d’une offre d’emploi. Vélo Québec m’a alors proposé d’écrire un livre sur mes aventures cyclistes, ce que j’ai accepté et fait avec beaucoup de joie malgré les centaines d’heures de travail. C’est ainsi que j’ai lancé l’an dernier Histoires à dormir dehors.

Quand on publie un livre, il faut ensuite en faire la promotion. Je suis alors revenu au Québec pour la première fois en plus de deux ans. J’en ai profité pour offrir une conférence aux entreprises, aux écoles et au public sur mes histoires. Depuis, j’ai repris la route à vélo, mais je reviens au pays environ deux fois par année pour donner d’autres conférences. Celles-ci forment aujourd’hui la majorité de mon salaire. Mes autres revenus viennent de mes articles et vidéos chez Vélo Mag, ainsi que de la vente de livres et de photos.

Tout comme Jennifer (voir partie 1), je continue de publier du contenu sur mon blogue et mes médias sociaux. Ce sont eux qui me font connaître et m’aident ensuite à publiciser mes conférences et la vente physique de mon livre.

Je ne gagne pas (encore) assez de sous pour remplir mes REER, mais je suis entièrement maître de ce que j’écris, de ce que je visite, et je n’ai pas à toucher à mes économies. Et puis, tous ces coups de pédale me font certainement accumuler un autre type de richesse, celle qui ne se calcule pas dans un compte de banque.

Aller chercher de nouvelles aventures est souvent difficile. Moi-même au milieu de l’aride pampa en Argentine.

Aller chercher de nouvelles aventures est souvent difficile. Moi-même au milieu de l’aride pampa en Argentine.

Autres options

Le web est aussi plein de youtubeurs et de photographes qui travaillent fort pour sortir du lot. D’autres font des revues d’équipement et mettent des liens affiliés de leur site web vers Amazon pour faire un petit pourcentage sur les ventes. Enfin, les sites web les plus populaires peuvent inclure de la publicité.

La majorité de ces options voguent autour du thème de l’écriture, mais plusieurs personnes tirent leur épingle du jeu d’autres façons. Les meilleurs métiers sont ceux qui peuvent se pratiquer de n’importe où, avec une connexion internet : traducteur, programmeur, graphiste, etc. Pour les plus jeunes – moins de 30 ans, ou 35 ans dans certains pays – les visas de travail-études permettent d’habiter facilement jusqu’à deux ans dans plusieurs pays, et de s’y trouver un emploi sur place. Avec un visa déjà en poche, trouver du travail localement est beaucoup plus facile.

En conclusion

Peu importe l’option choisie, travailler en voyage n’est pas facile et demande beaucoup d’énergie et de discipline. La phrase « être travailleur autonome, c’est travailler 80 heures par semaine pour le privilège de ne pas travailler 40 heures par semaine » n’est pas loin de la réalité.

Être son patron, ça veut généralement dire que les années ne se ressemblent pas et que l’on doit s’inventer un travail tout en cherchant constamment de nouveaux contrats.

Dans mon cas, je travaille en outre fréquemment de ma tente sur mon matelas de sol, à écrire des textes ou à classer des photos. Mais ne répondre de personne, vivre des aventures et voir du paysage, et surtout ne pas avoir à me rendre au bureau chaque jour en vaut – la plupart du temps ! – la peine.