Sri Lanka – Suivre la côte

Le Sri Lanka semble être l'un de ces rares pays qui contient tout sur un petit territoire. En deux petites semaines, je me suis promené des montagnes à la mer. Voici la partie 2.

Partout où je vais dans le monde, les gens semblent avoir beaucoup de difficulté à deviner d'où je viens. On me croit hispanophone, hébreux, ou encore du Moyen-Orient comme du Liban ou de la Syrie. Mon teint déjà foncé s'accentue évidemment en voyage sous le soleil. L'an passé, j'avais même pu payer le prix d'un résident local de Bakou en Azerbaïdjan, en répétant la phrase du client local devant moi.

Cette fois, au Sri Lanka, c'est d'un Indien que j'ai l'air à ce qu'il parait. Lors d'une visite d'une usine de thé, un guide quitte son groupe en courant lorsqu'il m'aperçoit. Il souhaitait me dire avec passion que je ressemblais fortement à Virat Kohi. Nous voici donc dans le milieu du bruit des machines à regarder des photos du capitaine de l'équipe de cricket de l'Inde. « Pas si éloignée comme ressemblance ! », me dis-je.

Quelques jours plus tard, je suis à acheter quelques victuailles dans un petit dépanneur lorsque l'homme au comptoir aborde directement la question :

- Are you from Pakistan ?
- No, I'm from Canada.
 Virat Kohli, mon alter ego indien.

Virat Kohli, mon alter ego indien.

 Deuxième partie de l'itinéraire, en remontant la côte.

Deuxième partie de l'itinéraire, en remontant la côte.

L'air un peu déçu, ma réponse ne semble pas le satisfaire amplement. Il s'essaie une seconde fois...

- Are your parents from Pakistan...?

Tangalle

Tangalle est une petite ville côtière au sud de l'île. C'est touristique mais pas encore si développé. J'y loue un kayak et m'élance sur une lagune au lever du soleil. Si les animaux étaient partout au parc national d'Uda Walawe (dans ma partie 1), ils le sont presque autant ici. D'immenses oiseaux battent des ailes comme des petits planeurs s'envolant avec le soleil.

Surtout, ce sont les nombreux varans qui nagent à quelques mètres à peine de mon kayak qui m'apparaissent les plus impressionnants. Ils sont presque aussi gros que les fameux dragons de Komodo vus en Indonésie !

 Un varan aux aguets dans la forêt.

Un varan aux aguets dans la forêt.

 Un oiseau de type pas mal gros (p.-s. je suis un bon ornithologue).

Un oiseau de type pas mal gros (p.-s. je suis un bon ornithologue).

 Le corps de l'immense reptile est en bonne partie caché sous l'eau.

Le corps de l'immense reptile est en bonne partie caché sous l'eau.

Galle

Le nom a beau être pratiquement pareil au village côtier de Tangalle, l'ambiance est tout à l'opposé dans cette vieille ville coloniale. Le village local est devenu un port important sous les Portugais, avant de d'atteindre de nouveaux sommets à l'époque de la domination néerlandaise sur l'île, au 18e siècle.

Je pense avoir autant aimé la ville de Galle car je l'ai visitée à la fin de ce petit périple. Le Sri Lanka est très bruyant. La musique y est partout à un volume assourdissant, y compris dans tous les transports en commun. Tout est beaucoup plus calme dès que l'on pénètre dans les murs encerclant la vieille ville. De par son attrait touristique, un effort important est aussi visiblement mis pour garder le fort propre de déchets, ce qui est loin d'être le cas dans le reste du pays, tout comme dans tant d'autres pays moins développés.

 Un joueur de cithare au coucher du soleil, ça méritait une photo !

Un joueur de cithare au coucher du soleil, ça méritait une photo !

 Les teintes lumineuses du ciel changent à chaque minute.

Les teintes lumineuses du ciel changent à chaque minute.

 Des touristes se rendent jusqu'à la pointe la plus à l'ouest du fort de Galle.

Des touristes se rendent jusqu'à la pointe la plus à l'ouest du fort de Galle.

Petit tour cycliste

 Kavindu, mon charmant guide cycliste.

Kavindu, mon charmant guide cycliste.

Pour terminer ce petite voyage, je loue un vélo dans la campagne entourant Galle. J'avais écrit directement au propriétaire de Chameera Cycling, une auberge qui offre aussi des tours guidés.

Lorsque j'arrive sur place, le propriétaire avait déjà googlé mon nom par curiosité. Il me demande, à la blague, « Penses-tu être capable de faire le tour de 20 km ? ». Puis il éclate de rire et m'explique qu'il sait déjà ce que j'ai fait l'année d'avant à vélo, et qu'il est bien content de me recevoir.

Accompagné de mon jeune guide Kavindu, nous croisons un pêcheur en train d'installer ses filets dans la rivière, l'eau à la poitrine. Puis nous visitons une usine où l'intérieur d'un certain type de noix de coco est transformé en corde rappelant de la jute.

Kavindu m'explique que les employés ici – majoritairement des femmes – se font payer un bonus quotidien si elles décident de travailler sept jours par semaine plutôt que « seulement » six. La conséquence étant que presque tous les employés n'ont jamais de vacances.

Nous continuons ensuite notre tour relax mais fort intéressant en visitant une usine de fibres textiles. Là les fils y sont démêlés puis teints. La teinture est faite à la main dans de grandes cuves extérieures. Je ne suis tristement pas si surpris de voir que ce qui reste des couleurs se fait laver par l'eau de pluie directement dans la rivière...

 Les longs fils sont triés...

Les longs fils sont triés...

 ...et teints dans une bruyante usine.

...et teints dans une bruyante usine.

 Ce petit bout de femme crée de la corde à partir des noix de cocos, 7 jours sur 7.

Ce petit bout de femme crée de la corde à partir des noix de cocos, 7 jours sur 7.

Après cet agréable tour campagnard, c'est déjà la fin de mes deux semaines au Sri Lanka. Je reprends le lendemain la route en autobus vers la capitale. C'est mon dernier voyage en sac à dos pour un bout. Après une année en Malaisie, la route appelle à nouveau mon vélo et moi. À très bientôt !