Les meilleures questions des étudiants

À mon dernier passage au Canada, je me suis promené dans quelques dizaines de classes pour parler de mes aventures. Voici quelques-unes des meilleures questions des étudiants !

 

1. Comment t'es-tu débrouillé avec tous les changements de langues ?

 Mon ami Freddy au Tadjikistan, en train de se tourner les mains pour expliquer que l'on voyage à vélo. « Velociped, velociped ! »

Mon ami Freddy au Tadjikistan, en train de se tourner les mains pour expliquer que l'on voyage à vélo. « Velociped, velociped ! »

Dans chaque pays, j'essaie d'apprendre quelques mots de base. Comme j'ai fait plusieurs pays de suite où l'on parlait le russe, j'étais à ce moment rendu à connaître assez de mots pour pouvoir expliquer sommairement mon histoire. Mais plus tard en Asie de l'Est, où les langues ont parfois des tonalités et des alphabets indéchiffrables, les mains et les signes sont devenus encore davantage mes meilleurs amis.

Du moins... jusqu'en Chine, où mêmes les signes que l'on croit universels ne fonctionnent plus ! Alors, je tente d'utiliser les fonctions vocales de Google Translate, de montrer des photos, d'utiliser la calculatrice de mon téléphone pour demander combien quelque chose coûte. On finit toujours par se débrouiller !

 

2. T'étais-tu entraîné physiquement avant de partir ?

Pas vraiment ! Je m'étais fait opérer au genou l'année précédente, alors j'ai surtout travaillé sur ça avant de me mettre à pédaler des milliers de kilomètres. Et puis, en partant pour très longtemps, je n'avais pas à rouler en fou dès le début. Je suis devenu plus fort avec les jours et les semaines, et mes distances quotidiennes se sont allongées.

 

3. Quelle culture as-tu le plus appréciée ?

Difficile de choisir ! Chaque pays m'a apporté quelque chose. On se sentira souvent plus proche d'une culture qui nous est plus accessible. Le Vietnam ou la Chine sont par exemple plus difficiles à saisir que l'Europe. Mais chaque endroit apporte une expérience différente. 

J'ai néanmoins beaucoup apprécié l'accueil que j'ai reçu au Pamir, dans l'est du Tadjikistan. Même chose pour la Slovénie, dans les Balkans, et l'Azerbaïdan, en Asie de l'Ouest.

 À l'école Sainte-Bernadette-Soubirous, dans le quartier Rosemont à Montréal.

À l'école Sainte-Bernadette-Soubirous, dans le quartier Rosemont à Montréal.

 Une classe de l'école primaire Napoléon-Bourassa, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Une classe de l'école primaire Napoléon-Bourassa, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

4. Combien de crevaisons as-tu eues ?

J'en suis à 11 au moment d'écrire ces lignes, comme indiqué dans ma page de statistiques. Sur un total 22 000 km. Donc une à chaque 2000 km en moyenne. Mais ce chiffre est trompeur puisque j'en ai fait une à ma première journée (ça partait bien), et 4 en une seule journée en Birmanie ! Il faisait tellement chaud que mes rustines (« patchs ») fondaient sur mes chambres à air préalablement réparées.

J'ai récemment fait une crevaison à Taïwan, la première en plus de 10 000 km ! Mais j'ai vite continué puisque je traîne toujours une ou deux chambres à air supplémentaires et des rustines avec moi, au cas où. J'ai aussi toujours quelques outils et petites pièces pour ma mécanique vélo.

 

5. As-tu eu un accident à vélo ?

Pas un seul ! Je me suis cependant planté quelques fois par ma propre faute. Généralement sur un chemin désert où je me mettais à pédaler à une seule main, en choisissant mon prochain podcast à écouter de l'autre main. Ma roue avant débarquait de la chaussée et je me retrouvais seul au sol, avec seulement moi à blâmer !

À la sortie d'Ankara en Turquie, mon miroir s'est fait accrocher quelques fois par des automobiles qui me frôlaient d'un peu trop près. J'ai réglé le problème en enlevant le miroir cassé... et en ne le remplaçant pas !

 

6. Que faisais-tu pour la douche et les toilettes ?

Ok, ok, vous voulez les détails ! Il y a plusieurs années, j'ai fait un voyage en sac à dos au Pérou. J'y avais fait une randonnée de 5 jours vers le Machu Picchu et je me demandais alors naïvement comment les randonneurs allaient à la toilette dans le milieu des montagnes.

Après avoir traversé la moitié de la planète à vélo, je préfère maintenant m'accroupir directement à terre dans un champ ou un bois plutôt que d'utiliser certaines toilettes des pays moins développés. (Désolé de l'image mentale)

En gros, j'ai appris à constamment traîner du papier de toilette avec moi. Et pas juste dans mes sacoches de vélo, je veux dire réellement avec moi. Car dans plusieurs régions, le papier n'est pas fourni (ni utilisé) dans les toilettes. En Malaisie rurale (et ailleurs), la toilette est aussi au sol. Sois donc prêt à t'accroupir, à bien viser, et à utiliser ta main à la fin. Donc c'est ça... je traînais mon papier avec moi !

J'ai commencé à réaliser ceci à partir de la Turquie, mais la situation s'est constamment détériorée par la suite !

Pour la douche, ça dépend des pays. En Turquie par exemple, j'utilisais les lavabos extérieurs des stations-service. Dans les montagnes de l'Asie centrale, c'était les rivières. Dans le désert kazakh, de simples lingettes humides (plutôt mi-humides même dans cette sécheresse). J'ai utilisé des chutes, des ruisseaux, des fontaines, des bouteilles d'eau versées sur les épaules, des lavabos de restaurants, et pas mal de lingettes humides.

Oh, et des fois des vrais douches aussi... Je ne suis pas un animal !

 À l'école secondaire Louis-Riel d'Ottawa.

À l'école secondaire Louis-Riel d'Ottawa.

7. Quelle a été la réaction de ta famille et de tes amis quand tu leur as annoncé ton départ ?

Je m'attendais à une totale incompréhension de leur part. Surtout en milieu de travail. Pourquoi quitter un bon emploi permanent pour... « aller pédaler » ?! La réaction n'aurait pourtant pu être plus opposée. 98% des gens étaient immédiatement enthousiastes à l'idée. On m'a même souvent dit « si j'avais ton courage... », ou « si j'avais ton âge... », me démontrant que je partais réaliser un rêve d'aventures que beaucoup caressaient secrètement.

Mon père a certes été un peu inquiet au début, et l'est demeuré au moins pour mes premiers mois de voyage. Mais comment ne pas perdre son inquiétude à force d'entendre autant d'histoires du bon monde !

 

 

Je reviens la prochaine fois au pays de la mi-novembre à la mi-décembre. Je serai de passage entre l'Asie et l'Amérique du Sud pour le Salon du livre de Montréal, et pour donner une nouvelle série de conférences. N'hésitez pas à m'écrire si vous voulez organiser une visite à votre entreprise ou votre école.